vendredi, 21 décembre 2018 18:45

Procès Icc Services : Emile Tégbénou décrit la nébuleuse

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Les débats du procès des accusés de l’affaire Icc Services reprennent mercredi 26 décembre après la suspension décidée au 5ème jour de l’audience ce vendredi. La Cour et le public se sont séparés après une description plus que détaillée de la nébuleuse Icc.

C’est Emile Tégbénou, l’un des accusés qui a longuement tenu en haleine la CRIET sur les origines, les activités de Icc et surtout les collusions de ses dirigeants avec le pouvoir de Boni Yayi. Créée en 2006 et spécialisé en informatique, la petite structure va étendre courant 2008 ses activités à l’épargne et à tontine à petite échelle dans le cercle des fidèle de l’église du christianisme céleste.

Avec le temps, les affaires ont pris du volume et Emile Tégbénou qui avait travaillé à la CLCAM (Caisse locale de crédit agricole mutuel) affirme avoir mis son expérience en collecte d’épargne au service de Icc. Mais tout ceci se faisait sans autorisation officielle.

“Collaborer avec le pouvoir”

C’est la recherche de cette reconnaissance officielle à l’entreprise Icc qui conduit Emile Tégbénou à intéresser des hommes et femmes du cercle de l’ancien président de la République.

L’accusé s’est livré à une énumération détaillée de plusieurs personnes à qui il aurait versé de l’argent, souvent des millions, dans le but d’obtenir un agrément. Il fallait “collaborer avec le pouvoir”, a-t-il déclaré. D’où provenait l’argent ainsi distribué ? Emile Tégbénou répond directement au président de la Cour qu’il s’agissait de l’argent des épargnants.

 

Poisson d'avril de mauvais goût

 

Emile Tégbénou a aussi livré sa version sur l’origine de la crise Icc Services. Comme son co-accusé Guy Akplogan qui avait rejeté la cessation de paiement comme cause de la crise de leur entreprise de placement d’argent, Tégbénou a indiqué une autre origine. C’était selon lui une plaisanterie diffusée par une radio le 1er avril 2010. En effet, dans son “poisson d’avril” de cette année-là, le journaliste de Radio Wêkê (implantée à Djèrègbé près de Porto-Novo) aurait déclaré que le chef de l’Etat, Boni Yayi, recommandait aux épargnants de Icc Services d’aller retirer leur argent. Cette mauvaise blague aurait alors provoqué la ruée des clients vers les agences (77 au total sur tout le territoire selon Guy Akplogan) pour demander à être remboursés. 

Et Icc aurait remboursé le dernier client si les autorités de l’époque n’avaient pas pris des mesures contre l’entreprise, a insisté Emile Tégbénou. Il leur fallait, plaide-t-il un encadrement sécuritaire pour faire face aux débordements dans les différentes agences.

Archives de la Police

Comme à l’audience d’hier, la sécurité du domicile d’Emile Tégbénou et de sa propre personne a été débattue. C’est l’aspect de l’affaire qui conduit devant la CRIET les anciens ministre de l’Intérieur et directeur général de la Police. Le second avait promis à la Cour hier de consulter les archives pour retrouver des documents prouvant que son supérieur hiérarchique de l’époque, le ministre Armand Zinzindohoué était aux faits de certaines informations.

Ce vendredi, il a présenté à la Cour des documents qui selon lui proviennent des archives de la Police nationale. Il prouvent selon Osséni Anki Dosso, d’une part, que l’ancien ministre de l’Intérieur et tout le gouvernement était régulièrement informé des activités de Icc Services telles que rapportées par les renseignements et d’autre part que M. Zinzindohoué avait bien signé une autorisation de port d’arme à Emile Tégbénou.

Le ministre n’a pas eu le temps de réagir à ces éléments qui contredisent ses propres déclarations de la veille. Le président de la Cour a suspendu les débats qui reprendront après Noël.

 

Retrouvez tous les articles du procès Icc Services ici >> Les échos du procès ICC Services

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