NOS RADIOS EN DIRECT  

direct radio bénin   direct atl fm   direct radio parakou


Le projet de révision de la Constitution du président de la République n’ira pas loin. Ce mardi 4 avril 2017, les députés ont refusé par 60 voix pour, 22 contre et une abstention de prendre en considération le projet. Au moins 63 voix étaient nécessaires pour que le projet passe à une seconde étape, celle de l’étude suivie de l’adoption.

Le vote est intervenu après plusieurs heures de débats consécutifs à la lecture du rapport de la Commission des lois. Celle-ci avait recommandé que le projet du gouvernement soit pris en considération car respectant les conditions fixées par la Constitution. 

Les interventions des députés laissaient pourtant entrevoir que le “oui” l’emporterait. Ils étaient en effet nombreux les députés qui ont estimé que le projet de révision ne devrait pas être rejeté. Pour eux, les griefs contre le document ne pourront se faire que lors de l’étude dans le fond. Et pour cela, il faut d’abord accepter le principe de l’étudier.

Pour les rares députés opposés à la prise en considération, les arguments pour voter contre sont entre autres : la violation de la laïcité, la non prise en compte de décisions de la Cour constitutionnelle, etc.

Des interventions contre la prise en considération, il faut remarquer celle du député Guy Dossou Mitokpè, suppléant de Candide Azannaï qui a récemment démissionné du gouvernement. Le jeune député a qualifié le projet de révision de “nourriture empoisonnée” dont il ne faut pas manger.

C'est une nouvelle Constitution instituant une nouvelle République, a indiqué pour sa part Rosine Soglo. 

Le ministre de la Justice, Joseph Djogbénou, a assisté aux débats. Il a défendu le projet du gouvernement et rejeté les appréhensions des députés qui ont formulé des critiques au contenu du document. Cependant, il a affirmé que le président de la République était ouvert aux amendements des élus de la nation. Mais ces assurances n’auront pas suffi.

Accusation de corruption

Les débats de ce mardi ont été pollués par les propos de la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale. Rosine Soglo, 83 ans, a affirmé que tous les députés y compris elle-même ont pris de l’argent pour voter en faveur du projet de révision. Mais malgré cela, elle voterait contre. Ces accusations à peine voilées ont suscité de vives protestations de certains de ses collègues.

Après le vote, les présidents des groupes parlement ont tour à tour sévèrement condamné les propos de Rosine Soglo dont ils ont exigé des excuses. Mais celle-ci a maintenu ses accusations. C'est la vérité, a-t-elle insisté. 

 

Vincent Agué (@afoukin)

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir