jeudi, 16 juillet 2015 16:38

Boucle ferroviaire : Martin Assogba dénonce une "recolonisation du Bénin par Bolloré"

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Après les rebondissements dans l'affaire Samuel Aworet du nom de l'homme d'affaires béninois qui dit avoir été éjecté de la réalisation projet, des organisations de la société civile se prononcent à leur tour...

La réhabilitation du chemin de fer Bénin-Niger dans le cadre de la réalisation de la boucle ferroviaire sous-régionale continue de faire couler beaucoup de salive. Après les rebondissements dans l'affaire Samuel Aworet du nom de l'homme d'affaires béninois qui dit avoir été éjecté de la réalisation projet, des organisations de la société civile se prononcent à leur tour pour dénoncer ce processus qui, semble-t-il, ne profiterait pas au peuple béninois.

C'est en tout cas ce que soutiennent les ONG Alcrer et Changement social. Lors d'une conférence de presse conjointe ce jeudi 16 juillet 2015 à Cotonou, les responsables des deux organisations ont attaqué de long en large le futur contrat qui va être signé entre le Bénin et Bolloré dans le cadre de la concession de la société BENI Rails à l'entreprise française.

Pour les deux activistes, le contrat que le Bénin s'apprête à signer avec le Groupe Bolloré ne prend en compte que les intérêts de ce dernier au détriment de ceux des Béninois. Pis, sa mise en application va isoler le Bénin sur le plan sous-régional et international. Le pays s'en trouvera endetté sur de nombreuses générations, ont-ils également martelé.

"De Parakou à Niamey, Bolloré a prévu de construire une voie ferrée obsolète"

Ils révèlent que dans le contrat et suivant les travaux déjà en cours au Niger et à Cotonou, le groupe Bolloré n'envisage poser que des rails à écartement métrique (1 mètre). Or les directives de l'Uemoa exigent un écartement de 1,435 mètres pour toute nouvelle construction de chemin de fer dans l'espace sous-régional. Pour Martin Assogba et Ralmeg Gandaho, il s'agit d'une stratégie pour imposer au Bénin des rails et des matériels désuets et obsolètes.

L'autre aspect qu'ils dénoncent, c'est l'envolée du coût du projet :

"Aujourd'hui, le coût des travaux est encore au gré du vent devenu 1200 milliards, au lieu des 800 milliards initialement annoncés, sans aucun document et ne figure dans aucun contrat", se désole Martin Assogba. Avant d'ajouter : "Ce montant coûterait trois fois plus cher que le coût de la reconstruction d'une voie neuve à l'écartement standard demandée par l'Uemoa".

Les conférenciers dénoncent également le sort réservé au personnel de l'OCBN, l'ancienne société des chemins de fer, commune au Bénin et au Niger.

"Les arriérées de salaire ne seront pas payées par Bolloré, ni les cotisations à la CNSS et au Fonds national de retraite du Bénin et ni les rappels et autres droits échus avant l'entrée en vigueur du contrat", préviennent-ils.

En définitive, pour Martin Assogba et Ralmeg Gandaho "Bolloré veut procéder à la recolonisation de notre pays le Bénin, et soumettre le peuple à l'assujettissement et à l'aliénation". Pour contrer que cela n'arrive, ils estiment que le futur contrat de concession entre le groupe français et l'Etat béninois ne devrait pas être signé "en l'état". Il faut en empêcher la signature "par tous les moyens", ont-ils insisté. A ce propos, les deux acteurs de la société civile en appellent à la mobilisation de toutes les forces politiques du pays à commencer par les députés.

 

Maurice Thantan

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