mardi, 16 janvier 2018 11:08

Grève générale : écoles et collèges publics paralysés à Cotonou

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La motion de grève générale lancée par les centrales syndicales est en vigueur depuis ce mardi 16 janvier. Sur le terrain, le secteur public tourne au ralenti à Cotonou. C’est le cas des établissements scolaires notamment.

Au collège d’enseignement général de Vèdoko par exemple, ce matin, les élèves traînaient sur la cour de l’établissement. Signe que les cours de ce jour n’ont pas lieu. Les professeurs eux devisent par petits groupes de deux, trois… Deux d’entre eux que nous avons approchés se présentent comme des représentants syndicaux. Augustin Gangbo et Marcel Houndéton nous confirment que la grève est effective. Ils revendiquent même une certaine fierté d’avoir réussi à convaincre leurs collègues de suivre le mot d’ordre de grève.

Revendications corporatistes

La grève générale en cours est consécutive au retrait du droit de grève aux personnels de la santé, de la justice (magistrats et non magistrats) par des lois votées en décembre au parlement. La dénonciation de cette mesure figure sur la liste des motifs de la grève.

Mais les enseignants rencontrés nuancent. Leur grève n’est pas exclusivement solidaire du mouvement déclenché par les agents de la justice. Ils insistent sur le fait qu’ils réclament principalement la signature et l’application des statuts particuliers des personnels de l’enseignement primaire et du secondaire. Statuts particuliers qui devraient consacrer l’augmentation de leurs salaires et d’autres avantages.

Apparence de travail

Dans certaines écoles primaires, les écoliers sont bien en salle avec leurs enseignants. Mais il ne faut pas se fier à cette apparence notable par exemple au complexe scolaire de Zogbo qui compte quatre groupes pédagogiques. En réalité, ce sont d’une part des instituteurs appelés “répétiteurs” qui “sauvent une situation critique”, clarifie un syndicaliste en poste lui pour assurer l'intérim de son directeur absent. Ces occasionnels sont recrutés par les associations de parents d’élèves. Leur rôle, tenir les classes non pourvues d’enseignants titulaires. Ils ne sont pas concernés par la grève des agents de l’Etat.

D’un autre côté, certains instituteurs titulaires présents au poste affirment vouloir juste évacuer des tâches non terminées la veille. Après quoi, ils devront libérer leurs élèves. Ils veulent plutôt “échapper à un éventuel contrôle de présence”, commente, par contre, leur directeur. Ce dernier ne cache pas son opposition à la grève. Du moins à la période choisie pour la mener. Mathurin Ahohinto dénonce la coïncidence de la grève des enseignants avec celle des magistrats et agents de santé. De son point de vue, les syndicats de l’enseignement devraient se démarquer pour éviter toute confusion.

 

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