mercredi, 25 avril 2018 22:11

Ouverture à Nouakchott de la 62ème session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples

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La 62ème session ordinaire de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples s’est ouvert ce mercredi 25 avril 2018 à Nouakchott la capitale mauritanienne. Pendant 15 jours, elle examinera la situation des droits de l’Homme sur le continent.

C’est le Palais des Congrès de Nouakchott qui a servi de cadre au lancement officiel des travaux de la 62ème session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples. En présence des délégués des États membres, des représentants de la société civile ainsi que des responsables des commissions de l’Union africaine, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a ouvert les travaux tout en soulignant les avancées de son pays en matière de promotion des droits de l’Homme.

Situation préoccupante sur le continent

Cependant, dans son propos, la présidente de la Commission a présenté un état des lieux assez inquiétant. A côté de quelques avancées durant la période durant les derniers mois, les inquiètes ne cessent d’augmenter, à en croire l’avocate malienne. Pour Me. Soyata Maïga, la situation des droits de l’Homme reste préoccupante dans plusieurs régions sur le continent.

« La commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples est inquiète par dégradation de la situation dans la région du Sahel du fait de la multiplication et la complexité des attaques terroristes au Nord Mali, au Burkina Faso et au Niger », a notamment mentionné la présidente de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples. Pour elle, les enlèvements d’élèves au Nigeria, la crise dans la partie anglophone du Cameroun, la situation sécuritaire et humanitaire en République centrafricaine, la répression des manifestants en RDC, la crise politique au Burundi, le drame des migrants en Lybie sont autant de violations des droits de l’Homme sur le continent qui méritent une attention particulière.

Elle a aussi mis l’accent sur plusieurs autres phénomènes comme la corruption, le flux illicites de capitaux de l’Afrique vers d’autres continents, la persistance de la pratique de la torture dans les lieux de détention, l’affaiblissement de l’autorité des institutions judiciaires, les contestations politiques au Sénégal, au Togo, en Guinée Conakry et en Guinée Bissau, les changements des constitutions à des fins personnelles, la surpopulation carcérale, et les répression contre les défenseurs des droits de l’Homme, les violations sexuelles.

Face à cette situation, Soyata Maïga a mis les États africains devant leur responsabilité. « Il est du devoir des États africains de prévenir toutes formes de violation des droits de l’Homme et de léguer aux générations future une Afrique où règnent la paix, la démocratie et l’état de droit », a-t-telle insisté.

Évaluer et proposer

Dans son allocution, Soyata Maïga a aussi rappelé l’intérêt des sessions de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples. « C’est une occasion pour partager les expériences, les expertises et les réflexions sur les défis du continent afin d’améliorer les perspectives des filles et fils de notre continent », a-t-telle indiqué avant d’ajouter que « chaque session est un baromètre par excellence pour évaluer la situation des droits de l’Homme en Afrique. »

En effet, au cours de la session, les différents délégués vont analyser et examiner la situation des droits de l’Homme dans les États membres de l’Union africaine. Une attention particulière sera accordée à trois pays à savoir l’Érythrée, le Nigeria et le Togo. Ces derniers vont présenter leur rapport national et seront évalués par leurs paires ainsi que les représentants de la société civile.

La Mauritanie, en tant que pays hôte, bénéficiera aussi d’une attention particulière a souligné la présidente de la Commission tout en saluant les avancées réalisées par le pays en matière de prévention et de protection des droits de l’Homme. Le chef de l’État mauritanien a aussi souligné les efforts des gouvernements successifs de son pays depuis une décennie pour promouvoir les droits de l’Homme. Mohamed Ould Abdel Aziz a, par ailleurs, assuré que son pays continuera dans la même lancée étant donné que les défis restent nombreux en la matière.

Il faut préciser que la Commission se réunit deux fois chaque année. La réunion de Nouakchott est la première de l’année 2018. Elle va s’achever le 9 mai prochain par un communiqué final.

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