lundi, 20 août 2018 16:18

Tabaski : la fête se prépare avec ou sans mouton

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La fête du sacrifice ou tabaski des musulmans a lieu au Bénin ce 21 août. Mais que vaut l’aïd el-khebir sans la bête de sacrifice ? Pourtant tout le monde n’a pas les moyens de se l’offrir mais on se bat pour l’avoir.

Le célèbre marché de bétail de Sèmè-Podji sur la route Cotonou-Porto-Novo a été délocalisé à Ahlomè dans la même commune mais dans l’arrondissement de Tohouè. Ce qui n’empêche pas les clients de venir s'approvisionner en moutons.

“On sait qu’il y a des difficultés, il y en a qui se débrouillent pour payer de mouton, d’autres n’ont pas les moyens. Ce n’est pas la crise du Bénin, c’est la crise mondiale”, déclare Salifou Babaye, un vendeur qui fait plutôt de bonnes affaires que nous avons interrogé samedi 18 août, soit 96h avant la fête.

Dans ce marché nouveau mais déjà bien connu grâce aux Nigérians, disent les vendeurs, les moutons sont vendus de 25 000 à 500 000 francs CFA. Des prix hors bourse, relève Aziz venu acheter les siens pour la fête. Cette année, il n’en prendra moins que par le passé.

“J’ai l’habitude de tuer quatre moutons chaque année mais cette année-ci, avec mes efforts, j’ai pris deux petits moutons. Et cette somme j’ai commencé à l'épargner depuis que nous étions dans le mois de ramadan”, affirme-t-il.

Dame Toyibath, vendeuse d’igname frite, devra elle fêter sans le convoité mouton. “Pour la fête, nous pensons acheter du poulet et manger avec les enfants, c’est comme ça qu’on prépare la fête chez nous”, nous confie Tobyibath.

Et ce faisant, elle n’aura pas moins fêté que ceux qui ont pu s’offrir un mouton. Car comme l’explique l’imam Abdou Madjid Boubacar Yari de la mosquée de Houeyiho à Cotonou, immoler une bête en sacrifice n’est pas une contrainte pour le fidèle musulman qui n’en a pas les moyens. Il est même interdit à celui-ci de voler ou de prêter de l’argent pour se conformer.

 

Rabiath Baba-Agba

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