SUIVEZ EN DIRECT

atlantic fm

L'Assemblée nationale a ouvert sa deuxième session ordinaire de l'année ce mardi 28 octobre 2014. Au Palais des Gouverneurs à Proto-Novo, le Président de l'institution a solennellement prononcé l'ouverture de cette session consacrée à l'étude du budget général de l'Etat. Devant ses collègues députés, les membres du gouvernement, les présidents d'institutions de la République, le corps diplomatique représenté au Bénin et d'autres invités, le Président de l'Assemblée nationale a délivré son discours de lancement de la session parlementaire.

Mathurin Nago a précisé que cette session était l'avant-dernière de la législature qu'il dirige, le renouvellement celle-ci étant prévue pour mai 2015. Son discours était l'occasion pour lui de faire déjà le bilan de la mandature des députés élus en 2011. Ce bilan est assez fourni selon Mathurin Nago. Le parlement a adopté de nombreuses lois , près de 140, et exercé sa mission de contrôle de l'action du gouvernement. Après avoir apprécié le contexte politique du Bénin dominé par "des polémiques politiciennes" au sujet de la correction de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) et de la préparation des prochaines élections, Mathurin Nago a présenté quelques lois importantes que l'Assemblée nationale a votées et qui vont dans le sens de "la promotion de la démocratie".

Ce sont notamment la loi du 30 septembre 2011 portant conditions de recours au référendum. Cette loi a le mérite "fort heureusement", qualifie Mathurin Nago, de rappeler et de préciser "les options fondamentales faites par le peuple à travers la Constitution et qui ne peuvent faire l'objet de révision". Les autres lois évoquées par le professeur Nago sont celles relatives à la correction de la LEPI, le code électoral, les unités administratives locales et la prolongation du mandat des élus locaux. Le Président de l'Assemblée nationale s'est particulièrement attardé sur ces dernières lois qui sont en lien avec l'actualité de la préparation des élections.

La part de vérité de Mathurin Nago sur la polémique des élections

Le Président de l'Assemblée nationale a jugé important de revenir sur la loi dérogatoire de 2013 prorogeant le mandat des élus locaux et qui "fait l'objet de réprobation de la part de certains concitoyens". Le gouvernement, on se rappelle, a pointé du doigt cette loi pour se dédouaner de la non-organisation des élections locales et communales et en rendre responsable l'Assemblée nationale. Mathurin Nago rejette cette accusation et soutient que c'est en toute responsabilité que les députés ont adopté la loi en question pour donner une occasion à la correction de la LEPI de s'opérer jusqu'à terme.

La loi prorogeant le mandat des maires est donc en relation avec celle sur la correction de la LEPI. Celle-ci également qui a donné naissance au COS-LEPI est objet de critiques de la part du gouvernement qui a récemment dénoncé les dysfonctionnements de l'organe chargé de la correction du fichier électoral. Mais pour le Président de l'Assemblée nationale, les critiques du gouvernement n'ont pas lieu d'être.

"L'heure n'est pas à la recherche de bouc émissaire et à des séances d'accusations gratuites et de contre-vérités qui n'honorent nullement ceux qui s'y adonnent".

 Indexant le Président de la République, Mathurin Nago regrette que Boni Yayi critique le fonctionnement du COS-LEPI alors qu'il avait la possibilité de faire part de ses observations sur la loi qui a créé l'organe avant de la promulguer.

"Par conséquent, il apparaît clairement que la loi portant correction de la LEPI votée par les députés puis promulguée par le Président de la République a donné entière satisfaction à toutes les institutions concernées."

Même si les difficultés d'application de la loi sont évidentes, ce ne sont pas "les polémiques politiciennes" qui aideront à les résoudre, insiste Mathurin Nago. En lieu et place, il "suggère que sans tapage médiatique, sans communication excessive, toutes les institutions compétentes et les forces politiques choisissent plutôt la voie de la raison, de la concertation et du dialogue". Toutefois le Président de l'Assemblée nationale invite chaque institution à n'empiéter sur le rôle d'aucune autre institution. Il invite par ailleurs le COS-LEPI, le centre national de traitement, le gouvernement et la CENA (Commission Electorale Nationale Autonome) "à agir dans le sens d'une franche collaboration et d'une harmonisation efficace des actions afin de satisfaire les attentes et l'impatience du peuple béninois".

Contrairement au gouvernement qui subordonne la préparation des élections à venir à la disponibilité de la liste électorale, le Président de l'Assemblée nationale estime que certaines opérations peuvent être déjà menées sans la LEPI. Ce sont notamment l'acquisition des urnes, l'identification physique des bureaux de vote... C'est pourquoi il invite la CENA à "anticiper sur les actions afin que personne ne soit surpris par le temps".

Mathurin Nago s'est aussi prononcé sur le coût des opérations électorales. Cette même question qui a ravivé la polémique autour la préparation des élections. "Nous sommes tous d'avis que les élections sont chères au Bénin", reconnaît-il avant de nuancer : "il est souhaitable qu'en ce domaine l'on fasse prévaloir la raison et l'esprit de sacrifice en attendant que le problème soit posé dans un contexte plus opportun à l'ensemble de la nation". Pour Mathurin Nago ''la nation béninoise n'a de richesse véritable que sa démocratie''. La démocratie béninoise est un label qui vaut bien des sacrifices. Et il a fait de sa sauvegarde son "combat" en tant que Président de l'Assemblée nationale.

L'Assemblée nationale a presque toujours accompagné le gouvernement

Parmi les nombreuses lois votées depuis le 16 mai 2011, plusieurs sont des autorisations de ratification d'accord de financement. Ce sont au total 49 accords de qui portent sur un montant de plus de 600 milliards de francs CFA. Dans ces conditions, le Président de l'Assemblée nationale conclut que le parlement a toujours répondu favorablement aux requêtes de l'exécutif.

Le rejet du budget général de l'Etat de 2014 semble être selon Mathurin Nago une exception qui se justifie tout de même par "la non prise en compte des préoccupations des députés". Les députés avaient rejeté fin décembre 2013 le budget de 2014 par une procédure de vote secret qui a été annulée par le Cour constitutionnelle. Celle-ci avait même fait injonction au parlement de se réunir impérativement le 31 décembre 2013 pour reprendre le vote de la loi des finances par le vote à main levée. La décision de la cour n'avait pas du tout plu aux députés de l'opposition et surtout au Président Nago.

La contribution du parlement à la lutte contre la corruption

En trois ans et demi d'exercice, la sixième législature a aussi contrôlé l'action gouvernementale. Les députés ont adressé près de 200 questions sous formes écrite et orale au gouvernement sur des sujets variés. Ces différentes questions ont souvent eu pour but de combattre la corruption contre laquelle les députés ont d'ailleurs légiféré. Ce ''phénomène menace de mettre en péril l'Etat de droit la démocratie et la société tout entière et d'annihiler tous les efforts de développement au sein de la nation béninoise''.

Pour combattre ''cette pathologie sociale'', Mathurin Nago préconise de prendre d'abord la mesure exacte du phénomène. Il faudra ensuite contraindre ''les gouvernants et tous autres responsables à mobiliser et à mettre en œuvre tous les moyens politiques, administratifs, civiques, juridiques et judiciaires'' indiqués pour venir à bout de la corruption.

Insécurité et épidémie d'Ebola

Le Président de l'Assemblée nationale a évoqué l'insécurité qui a pris de l'ampleur au Bénin. Il a salué la mémoire des forces de sécurité ''tombées au champ d'honneur''. L'épidémie d'Ebola qui sévit dans trois pays de l'Afrique de l'ouest n'a pas laissé indifférent Mathurin Nago. Il a exprimé sa compassion à la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria.

 

Vincent Agué

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir