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Le Président de la République a satisfait à l'obligation constitutionnelle de présentation de message sur l'état de la nation ce mardi 30 décembre 2014 à l'Assemblée nationale. Face aux députés, présidents d'institutions, diplomates et autorités administratives et traditionnelles de Porto-Novo, Boni Yayi a présenté un discours à la fois bilan de l'année de 2014 et perspectives pour 2015. Si l'économie et le social ont occupé une place importante dans le discours du Chef de l'Etat, ce dernier n'a pas ignoré les questions politiques d'actualité notamment les élections non organisées depuis 2013. Ainsi sur le plan de la "gouvernance politique", le Chef de l'Etat tout, en se félicitant de la stabilité du Bénin, reconnaît que la non organisation des élections locales et communales "est lourde de préjudices pour notre pays". Il n'en veut pour preuve que le second compact du MCA (Millenium Challenge Account) obtenu par le Bénin ne sera officiellement signé que lorsque les élections locales et communales seront organisées. Les autorités américaines en ont fait un préalable. "L'heure est grave", s'inquiète Boni Yayi.

Cependant, pour sortir de ce blocage, le gouvernement d'après le Chef de l'Etat n'a pas encore failli dans ses missions concernant l'organisation des élections. Ainsi sur le plan financier le Chef de l'Etat assure que l'exécutif a déjà pourvu le COS-LEPI (Conseil d'Orientation et de supervision de la LEPI) en ressources financières, environ 13 milliards de francs CFA, soit la totalité du budget de l'institution. De ce fait, "pas un seul kopeck n'est dû à cette institution". La CENA (Commission Electorale Nationale Autonome) aussi a déjà une partie des fonds prévus dans son budget, confie Boni Yayi.

L'autre mission dévolue au gouvernement, c'est bien la convocation du corps électoral. Ici aussi, le Chef de l'Etat n'a pas changé son discours habituel. Il attend toujours la finalisation de la correction de la LEPI avant de fixer la date des élections. Cette "liste est l'élément déclencheur de l'ensemble de notre processus électoral (...). Vous conviendrez avec moi qu'il est véritablement urgent que le COS-LEPI rende disponible la LEPI", a déclaré le Président Boni Yayi. Il renvoie aussi la balle au parlement afin qu'il vote une loi dérogatoire pour réduire les délais légaux du code électoral. Pour y arriver, le Chef de l'Etat compte sur une "union sacrée" entre les différents acteurs du processus électoral.

"Je demeure persuadé que c'est ensemble avec toutes les forces politiques et sociales avec le gouvernement que nous créerons les conditions favorables à la tenue des élections municipales, communales, et locales, législatives et présidentielles".

La révision de la Constitution à demi-mot

Le Président de la République ne l'a pas évoqué ouvertement dans son discours. Mais la question y est apparue. Le Chef de l'Etat a défendu la création de la Cour des comptes, un des motifs de son projet de révision constitutionnelle. Le texte du projet est encore à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale et des voix s'élèvent pour demander son abandon. Mais "cette question me tient à coeur", a déclaré Boni Yayi. Du fait de l'inexistence d'une cour des comptes, "certains partenaires doutent de la qualité de notre démocratie". "Une puissance" dont le Président "préfère taire le nom" a même décidé de rompre ses relations avec le Bénin pour cette raison, privant ainsi "notre pays" de sa dotation financière de l'ordre de "20 milliards" de francs CFA par an.

Les indicateurs économiques sont "au vert"

Sur le plan économique, le Président de la République s'est félicité des "progrès" du Bénin ces deux dernières années. La croissance économique est positive et "largement au dessus de la moyenne mondiale établie à 3,3 %".

"Malgré la conjoncture économique internationale particulièrement difficile, notre pays pays a connu une croissance soutenue de l'ordre de 5,6 % sur la période 2012-2014. Cette croissance est la plus forte enregistrée par notre pays depuis l'indépendance selon le rapport de la Banque Mondiale sur la situation économique de notre pays publié en septembre 2014".

Ces performances économiques et d'autres encore en matière de lutte contre la corruption ont permis au Bénin de gagner des points dans le rapport Doing Business 2014 de la Banque Mondiale, et dans le classement de Transparency International.

De même les programmes sociaux font du Bénin un bon élève sur le chemin de l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement, s'est également réjoui le Président Boni Yayi. Par exemple, "en matière de réduction de la faim, notre pays se classe huitième en Afrique".

Pour promouvoir l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes, le gouvernement "a renforcé le programme de microfinance aux plus pauvres et les différents programmes d'insertion professionnelle des jeunes". De plus, un programme d'appui à l'emploi salarié a permis de créer 17.000 emplois dans l'administration publique à travers les recrutements d'agents contractuels de l'Etat.

Un discours diversement apprécié

Le ministre du Développement qui était à l'hémicycle pense que le discours du Président de la République "reflète bien la situation de notre pays". Selon Marcel de Souza, "le pays avance, n'en déplaise à ceux qui font beaucoup d'intoxication". Comme lui, le député Epiphane Quenum estime qu'"il y a des progrès (...), sur le plan économique ça va".

Mais pour son collègue Eric Houndété, "nous avons affaire à un gouvernement qui ferme les yeux sur la réalité". Le député de l'Union fait la Nation pense que le Président de la Républiquedevrait "nous présenter des excuses pour sa mal gouvernance".

Pour sa part, le politologue Mathias Hounkpè analyse que le discours du Président Boni Yayi ne traduit pas l'esprit du discours sur l'état de la nation. Selon lui, le Chef de l'Etat devrait fournir des renseignements sur chaque secteur avec le plus de détails possible. Mais le politologue estime que Boni Yayi ne fait pas exception. "Tous les autres Présidents ont présenté un discours dans le même format, qu'on sait, ne pas être celui qui convient aux prescriptions constitutionnelles".

 

Vincent Agué

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