samedi, 16 mai 2015 18:42

La 7ème législature de l’Assemblée nationale installée

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L’Assemblée nationale a connu ce samedi 16 mai 2015 à Porto-Novo l’installation de sa 7ème législature, à l’issue des élections législatives du 26 avril.

L’Assemblée nationale a connu ce samedi 16 mai 2015 à Porto-Novo l’installation de sa 7ème législature, à l’issue des élections législatives du 26 avril.

Le dispositif sécuritaire autour et à l’intérieur du Palais des gouverneurs était impressionnant. Des rumeurs de manifestations pour empêcher certains députés soupçonnés d’avoir trempé dans des affaires de détournement de fonds ont en effet circulé. Au grand complet, les 83 élus étaient tous présents, drapés chacun de son écharpe aux couleurs nationales. Certains étaient visiblement attendus par la presse. C’est le cas par en l’occurrence, à en juger par la ruée des journalistes présents, de Barthélémy Kassa, ministre de l’énergie et de l’eau, qui a récemment démissionnée de son poste dans le cadre de l’affaire de mauvaise gestion des fonds du PPEA. Komi Koutché, le ministre des finances, lequel avait démenti la suspension de la coopération néerlandaise dans le cadre de la même affaire, était aussi beaucoup courtisé par les hommes de médias. Candide Azannaï récemment au coeur de la tourmente dans la presse était aussi de la partie.

Parmi les nouveaux élus, quelques-uns ont tenu à faire la différence par l’originalité de leur accoutrement. C’est le cas d’Octave Houdégbé, élus de la liste Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (AND), qui est venu drapé à l’image d’un roi, accompagné des membres de sa cour dont l’un tenait une ombrelle au dessus de sa tête. Dapkè Sossou, l’élu du FDU a bien signalé ses origines du Mono avec une serviette autour du cou. Quant à Michel Bahou d’Akpro-Missérété, c’est son couvre-chef qui attire l’attention.

Prévue pour 10 h, la séance proprement dite n’a commencé qu’à 12 h 20. C’est à ce moment que la doyenne d’âge a fait son entrée. Rosine Vieyra Soglo a rejoint au perchoir les deux plus jeunes parlementaires, Komi Koutché et Atao Hinnouho, respectivement préposés aux postes de secrétaire parlementaire et de rapporteur.

Sous l’orientation du secrétaire administratif et du chargé du protocole de l’Assemblée nationale, Komi Koutché a dans un premier temps donné lecture de la décision de la Cour constitutionnelle consacrant l’élection des 83 nouveaux députés. Chacun d’eux répondait présent à l’appel de son nom. Ensuite c’est au tour d’Atao Hinnouho de lire pour l’assemblée les recours formulés devant la haute juridiction sur les résultats des élections. Bon nombre de ces recours demandaient l’invalidation de l’élection du député Edmond Agoua.

Une fois ces préalables terminés, la doyenne d’âge a pris la parole pour délivrer un long message à ses pairs. Dans un humour qui lui est propre, elle a d’abord félicité les députés pour leur élection. Ensuite elle a rappelé l’importance qui revêt leur institution. L’Assemblée nationale, dira-t-elle, est la deuxième institution de l’Etat et ne devrait, sous le couvert de l’immunité parlementaire, être le refuge de personnes indélicates voulant se soustraire à la justice. Et Rosine Soglo de déplorer les proportions alarmantes de la corruption au Bénin au regard des souffrances des populations, l’échec des politiques publiques à améliorer le vécu quotidien des gens, la jeunesse à l’abandon... L’achat de député n’a pas échappé à la diatribe de la doyenne d’âge. Rosine Soglo ne comprend pas que des siècles après l’abolition de l’esclavage, des personnes, en l’occurrence des députés continuent de se vendre. Aussi a-t-elle souhaité du sérieux pour cette législature et le vote de lois pour soulager les peines des populations. La doyenne d’âge a aussi démontré dans son discours toute sa fibre panafricaniste. Elle a martelé que seule une monnaie africaine peut libérer le continent noir et lui conférer sa réelle indépendance.

Le discours de la plus âgée des députés a mis fin à la cérémonie qui n’aura duré qu’une petite heure. Après une collation, les parlementaires ont repris l’un après l’autre le chemin du retour.

Sur l’explanade, une grosse foule de curieux que contenait à grand peine les forces de sécurité s’est massée de part et d’autre de l’entrée principale de l’Assemblée nationale. Sur le passage des députés, la horde applaudissait les uns et huait les autres.

foule

Parmi les plus applaudis comptaient Janvier Yahouédéou, l’élu de l’Alliance RB-RP, Candide Azannaï, député de l’Union fait la Nation, Louis Vlavonnou, etc. La foule scandait “Nous voulons nos 3 milliards, nous voulons nos 3 milliards”. C’est bien entendu en référence aux fonds détournés du PPEA II, et qui ont valu au Bénin la suspension de la coopération néerlandaise qui mettait le financement à disposition. Les slogans s’adressaient évidemment à Barthélémy Kassa. Mais hélas, la foule ne le verra pas. L’élu FCBE qui soupçonnait sans doute l’hostilité, ainsi que bon nombre de ses collègues qui se savaient eux aussi indésirables, ont préféré sortir, à bord de leurs véhicules aux vitres bien fumées, par l’une des entrées secondaires pour retourner chez eux.

La 7ème législature ainsi installée se rassemblera le mardi 19 mai pour élire son bureau.

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