dimanche, 22 avril 2018 14:41

Reçu par Rfi et Tv5, Patrice Talon répond aux critiques contre sa gestion de l’Etat

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Invité de l’émission “Internationales” de trois médias français ce 22 avril 2018, le président de la République s’est expliqué sur ces choix de gestion à la tête du Bénin depuis deux ans. Des choix souvent critiqués par son opposition, mais Patrice Talon compte maintenir le cap.

Face aux journalistes, Françoise Joly de TV5 et Francis Kpatindé du journal “Le Monde Afrique” reçus par Patrice Talon à son bureau, le président béninois s’est montré constant dans ses réponses aux questions. Gestion privée, délégation de port, déguerpissement, conflits d’intérêts…, sur tous ces sujets à débat au Bénin, le chef de l’Etat a défendu ses positions bien connues.

Patrice Talon assume son passé d’homme d’affaires, mais réfute toutes les accusations de de conflit d’intérêts dans ses fonctions présidentielles. “Le risque, qu’on évoque tout le temps, de conflit d’intérêts n’est pas fondé”, a-t-il assuré indiquant au passage qu’il est “à l’abri du besoin” et qu’il n’a “plus d’intérêts directs” dans ses anciennes affaires. Celles-ci sont cédées à ses associés et à ses héritiers. Mais en guise de précautions, Patrice Talon dit avoir fait en sorte que ses proches (parents ou amis) qui sont dans les affaires ne soient pas mêlés à des domaines dans lesquels il a “des décisions à prendre” en tant que président.

Autre sujet à controverse depuis peu au Bénin, la gestion sous mandat du Port de Cotonou par le port belge d’Anvers qui bénéficie d’un contrat de gestion de 10 ans. Pour des opposants, c’est une cession d’un patrimoine du Bénin aux étrangers. Patrice Talon assume et défend son choix. “Le port demeure un patrimoine public”, rectifie le président avant de justifier le recours à l’expertise étrangère :

“Ce que nous recherchons, c’est la gestion efficace quelle que soit l’origine du gestionnaire. Nous voulons de l’expertise pour gérer notre bien commun avec compétence et efficacité.”

Patrice Talon avoue qu’il a dû décevoir ses “partisans” qui convoitaient la direction de ce poumon de l’éonomie béninoise. “Ils n’ont pas la compétence requise” selon le successeur de Boni Yayi.

Confrontation avec les journalistes

Tout au long de l’entretien, le président, à plusieurs reprises, tente de confondre les journalistes en leur renvoyant leurs questions quand il ne les conteste pas tout simplement. Ainsi, sur la question de la suppression annulée (par la Cour constitutionnelle) du droit de grève aux agents de santé et aux magistrats, présentée comme une atteinte à la démocratie par la journaliste Françoise Joly, Patrice Talon a réagi par une série de questions : est-ce que tout le monde a le droit de faire grève en France ? Est-ce que l’Armée, la Police, font grève en France ? Est-ce qu’il y a des secteurs dans lesquels la grève n’est pas admise en France ? Les réponses nuancées de la journaliste permettent alors à Patrice Talon de défendre sa position sur le sujet : la suppression du droit de grève dans les secteurs de la santé, la justice, la sécurité était une bonne chose selon lui. “Quand le parlement a pris cette mesure, je l’ai soutenue”, affirme Patrice Talon.

Sur la morosité économique et la pauvreté, c’est aussi par une répartie que Patrice Talon a interrompu la question de la journaliste :

“Mais comment voulez-vous, en quelques mois, transformer la vie de 11 millions de personnes ? (...) Vous connaissez un pays dans lequel, on a pu en quelques mois, en deux ans, avoir une action qui a pu transformer le sort de 11 millions de personnes du jour au lendemain ?”

Pour Patrice Talon, la “patience” est de mise pour voir les résultats concrets de ses réformes souvent décriées. Comme le déguerpissement qui a bouleversé le secteur informel au début de l’année de 2017. Cette opération avait pour but de montrer au Béninois qu’il ne fallait pas développer son commerce sur le trottoir alors que les marchés sont vides, a défendu le président.

Alors que l’opposition se renforce avec la caution des vétérans Nicéphore Soglo, Albert Tévoédjrè et Boni Yayi, présents à la formation de la Coalition pour la défense de la démocratie samedi 14 avril à Djeffa aux côté de Sébastien Ajavon, Patrice Talon semble ne pas s’en préoccuper :

“Alors, c’est ceux-là qui représentent la quasi-totalité de la classe politique ? Vous devez savoir également que la majorité parlementaire est de mon côté. (...) Pour moi, c’est un indicateur suffisant.”

Le président refuse d’ailleurs que sa politique soit unanimement soutenue par la classe politique. “Ce n’est pas bon pour la démocratie”, justifie-t-il.

2021 : “Nous verrons bien”

Comme il y a un an après le rejet de la révision de la Constitution par le parlement, le président devait encore répondre sur la question du mandat unique qu’il prône. La réforme n’étant pas (encore puisqu’un retour n’est pas exclue) votée, sera-t-il candidat en 2021 ? “J’aviserai”, avait-il répondu en 2017.

Un a plus tard, les termes ont changé mais l’idée est restée : “Nous verrons bien”, promet Patrice Talon qui a d’abord expliqué la demande de renouvellement de son mandat en 2021 est un droit. Les deux réponses vont cependant en contradiction avec sa promesse de début de mandat de faire un mandat un présidentiel unique quelle que soit l’issue de la réforme constitutionnelle la portant. “Dans tous les cas, à titre personnel je ferai le mandat unique”, avait-il promis. 2021, c’est dans moins de trois ans maintenant.

 

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