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Au Bénin, le phénomène de la cybercriminalité continue d’étendre ses tentacules. Depuis son apparition dans la sous-région dans les années 2000, importé du Nigeria avec l’apparition de l’Internet, la cyberdélinquance ne cesse de progresser. Le phénomène s’adapte à l’ère du temps et prospère à la faveur de l’ingéniosité de ces acteurs.

“Il n’est pas rare de voir des magasins de vente de téléphones portables, de vente d’ordinateurs (...) même des quincailleries... mais à l’intérieur, ce sont des activités de cybercriminalité qui s’y mènent”, explique le commissaire Nicaise Dangnibo, responsable de l’Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc).

Des chiffres effarants

Si le phénomène n’est pas en recul au Bénin, ses dégâts n’en sont pas moins. Pour le compte du premier trimestre de 2017, l’Ocrc a déjà recensé 98 cas d’attaques cybercriminelles subies par des individus. Au total, 73 personnes ont été arrêtées pour un préjudice estimé à plus de 410 millions de francs. Les attaques subies par les institutions s’évaluent à plus de 200 millions de francs.

Sur le plan régional, le Bénin se classe même troisième pays où se mène le plus d’activités cybercriminelles derrière le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Mode opératoire

Pour les cybercriminels, il existe plusieurs procédés pour atteindre leurs proies. Cela part du piratage de comptes personnels aux chantages de divers ordres en passant par tous types d’escroquerie. D’après l’Office central de répression de la cybercriminalité, c’est le chantage à la web-cam qui arrive en tête. 19 cas de ce type de cybercriminalité ont été déjà recensés cette année. Sur les cas recensés, 13 personnes ont été appréhendées pour un préjudice cumulant à 21 millions de francs.

Au delà du préjudice financier, le phénomène salit l’image du Bénin et réduit son attractivité auprès des investisseurs étrangers, explique Mathias Houngbo, administrateur des systèmes informatiques et spécialiste de la sécurité informatique.

Répression

Sur le plan de la répression, l’Office central de répression de la cybercriminalité se bat tant bien que mal pour faire face au phénomène. A ce niveau, on estime que la structure manque cruellement de moyens d’action. “Pour pouvoir lutter contre une telle catégorie d’infractions, il nous faut des équipements de pointe, des équipements sophistiqués. A ce niveau, j’avoue que nous sommes encore à la traîne”, confesse le commissaire Nicaise Dangnibo.

Pour les spécialistes de la sécurité informatique, les utilisateurs aussi doivent contribuer à leur propre protection à travers une certaine hygiène numérique. La vigilance dans le partage de ses données personnelles et des informations sensibles et une utilisation responsable des réseaux sociaux sont recommandées. La dénonciation des acteurs de la cyberdélinquance est aussi encouragée pour enrayer le phénomène.

Mais la responsabilité des autorités publiques est toujours pointée du doigt. Car si le fléau se bonifie, la riposte doit être à la mesure de l’attaque.

Samuel Adimi et Maurice Thantan 

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