lundi, 25 février 2019 19:23

Législatives 2019 : le 25 février, dénouement ou enlisement pour l’opposition

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Alors, que pour l’heure, son absence est plus probable, l’opposition joue ce 25 février, sa participation au scrutin législatif du 28 avril prochain.

FCBE (Force Cauris pour un Bénin émergent) de Boni Yayi, USL (Union sociale libérale) de Sébastien Ajavon, RE (Restaurer l’Espoir) de Candide Azannaï sont pour l’heure non conformes à la nouvelle charte des partis politiques en vigueur depuis le 17 septembre 2018. La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur a notifié à chacune de ces formations politiques leur non conformité pourtant nécessaire pour participer aux élections législatives. Les raisons sont diverses et varient d’un parti à un autre. Alors qu’il est reproché au parti FCBE, entre autres, une “fausse déclaration” sur le nombre des membres fondateurs du parti, l’USL a vu son dossier recalé pour avoir choisi Sébastien Ajavon comme président d’honneur “alors qu’il est condamné à une peine infamante” (allusion à la condamnation de l'homme d'affaires à 20 ans de prison pour trafic de drogue ). A Restaurer l’Espoir, il est reproché par exemple l’inscription de mineurs comme membres fondateurs du parti en 2006.

Toutes ces notifications de rejet de dossier intervenaient un jour avant l’ouverture le 21 février des déclarations de candidature aux élections qui seront clôturées demain 26 février. Ce 25 février, à 24h de la clôture, aucun dossier n’a été reçu à la CENA, pas même ceux des partis ayant été déclarés conformes à la loi par le ministre de l’Intérieur comme l’Union Progressiste, le Bloc Républicain, le Parti du Renouveau démocratique, tous proches du pouvoir.

Le certificat de conformité, le problème

De l’aveu du ministre de l’Intérieur Sacca Lafia, aucun parti politique ne peut achever les formalités de mise en conformité avec la nouvelle charte des partis politiques avant la clôture des déclarations de candidature aux législatives. Or la Cour constitutionnelle, par une décision du 1er février 2019 a instauré et rendu obligatoire un “certificat de conformité” comme pièce justificative de la conformité à la loi des partis désireux d’aller aux élections :

“Les partis politiques qui envisagent de présenter des candidats aux élections législatives doivent se conformer aux dispositions de la loi n°2018-23 du 17 septembre 2018 portant charte des partis politiques en République du Bénin à la date fixée pour le dépôt de la liste des candidats par la production d’un certificat de conformité aux dispositions de la charte des partis politiques délivré par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique”.       Décision EL 19-001 du 1er février 2019.

Mais dans le camp de l’opposition, ce certificat est vu comme une nouvelle pièce non prévue par le code électoral parmi les éléments du dossier de candidature aux élections et donc illégal.

Privés du précieux document, les leaders FCBE, USL et RE ont réagi pour contester les décisions du ministre de l’Intérieur à leur égard. Les Cauris ont dès le vendredi 22 février organisé un congrès extraordinaire et déposé un nouveau dossier au ministère de l’Intérieur. L’USL a réagi par une conférence presse au cours de laquelle un extrait du casier judiciaire vierge de Sébastien Ajavon a été brandie pour prouver que l’intéressé est loin d’avoir été condamné définitivement comme le suggère le motif évoqué par le ministre de l’Intérieur pour rejeter le dossier de son parti.

Blocage de trafic

La journée du 25 février sera déterminante pour l’avenir de l’opposition dans le processus électoral en cours. Alors qu’elle avait annoncé une marche de protestation ce jour à Cotonou, l’opposition a finalement renoncé à la manifestation suite à une rencontre la veille, dimanche 24 février, avec le préfet intérimaire du Littoral, Jean-Claude Codjia.

Mais contre toute attente, la surprise est venue tôt ce matin de l’Est, à Porto-Novo où des militants de l’USL ont bloqué le pont à l’entrée de la capitale pour exiger des élections inclusives. Après plus de deux heures de blocage, la police a fini par disperser la foule et a procédé à des interpellations. Le directeur général de la Police républicaine a averti sur Frisson Radio que les autres manifestants seront poursuivis, arrêtés et présentés au procureur pour “délit d’attroupement” puni par le code pénal.

Pourtant, à l’intérieur du pays, des manifestations visant le même but ont eu lieu. Dans la localité de Touï (commune de Ouèssè dans le département des Collines) des populations ont bloqué la voie Cotonou-Parakou qui avait déjà été barricadée à Tchaourou dans la matinée. A Touï le blocage a particulièrement duré jusqu’autour de 19h. C’était le fait d’un homme qui a posé au milieu de la voie une statuette présentée comme un fétiche. Il n’a libéré les lieux qu’à volonté après 18h, témoigne un journaliste en déplacement sur le tronçon cet après-midi.

Rencontre avec le chef de l’Etat

C’est au même moment que démarrait au Palais de la Marina une rencontre entre le président de la République et des leaders de l’opposition qui ont ainsi répondu à l’invitation de Patrice Talon. Une invitation qui fait suite à l’appel de l’opposition à une rencontre de toute la classe politique autour du chef de l’Etat. Cet appel avait été lancé à Cotonou le lundi 18 février. Pour l’opposition, l’issue c’est une réforme des lois électorales (le code et la charte des partis politiques).

La rencontre entre Patrice Talon, ses ministres de la Justice et de l’Intérieur d’une part et les délégués de l’opposition, Candide Azannaï, Théophile Yarou, Eric Houndété... d’autre part est suivie de près. Les résolutions qui en seront issues détermineront le sort de l'opposition dans le processus électoral en cours.

Les partis d’opposition auront-ils leurs certificats de conformité avant demain 26 février date de clôture des déclarations de candidature aux élections ? La CENA acceptera-t-elle de proroger le délai pour le dépôt des dossiers comme le souhaite le parti FCbe ? La classe politique s’accordera-t-elle pour un report de la date du 28 avril ? Les heures d’après le face à face Talon-opposition nous édifieront.

 

 

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