samedi, 31 août 2019 12:45

20 mois d'emprisonnement pour viol

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La dix-neuvième affaire connue par le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle, est une affaire de viol. Cette affaire a fait comparaître deux jeunes hommes apprentis. A la délibération ils sont reconnus coupables des faits et sont condamnés à 2 ans d’emprisonnement dont 20 mois fermes et 4 mois assortis de sursis.

 Les faits remontent au 20 Janvier 2018 à Cotonou. Ils font état de ce que dans la soirée de cette journée aux environs de 20h, alors qu’elle rentrait de son activité journalière, la victime s’est fait appeler par un individu. Celui-ci a été rejoint les instants d’après par deux autres individus. A trois, et avec des menaces, les jeunes gens vont la traîner dans une maison en matériaux précaires pour tour à tour entretenir des relations sexuelles avec elle. Elle ne bénéficiera du secours du voisinage après que quelqu’un ait toqué à la porte des lieux où ses bourreaux se sont enfermés avec elle. L’un d’entre eux aurait pris la fuite et deux ont été appréhendés par la population. Interpellés et inculpés pour viol, les l’accusés tous vendeurs de raticide, et mineurs au moment des faits, ont reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure et à la barre. Ils martèlent cependant ne jamais avoir usé de violence envers leur victime contrairement aux déclarations de cette dernière.

Aussi, les faits se sont déroulés avec son consentement à deux et non à trois comme elle l’a déclaré aux officiers de police judiciaire. Plusieurs questions leur ont été posées dans le but de comprendre pourquoi ils ont été interpellés si un consentement a vraiment existé chez leur victime. Il ressort de leurs réponses que personne n’était intervenu durant tout le déroulement du crime. C’est plutôt dans leur élan raccompagner la jeune fille, que les voisines ont commencé par se moquer d’elle, lui demandant la somme qu’elle a pu percevoir pour accepter que, deux hommes tiennent simultanément des rapports sexuels avec elle. C’est ainsi que de bouche à oreille l’entourage a été alerté. La foule leur aurait demandé de payer une somme de 15 000FCFA à raison de 5.000FCFA par violeur pour être relâcher. Et, c’est parce-qu’ils ont été incapables de réunir la totalité de cette somme que la police a été informée d’où leur présence à la barre.

Il faut signaler que la victime ne s’est pas présentée ni devant le magistrat instructeur ni à la barre. Certaines pièces au dossier ont été lues avant que le représentant du ministère public ne soit invité pour prendre ses réquisitions. Après avoir démontré aux membres de la cour, l’effectivité de la commission de l’infraction au regard des lois en vigueur, des pièces au dossier et de l’instruction à la barre, Jules Ahoga a demandé au tribunal de retenir les accusés dans les liens de la prévention de viol et les condamner a 30 mois d’emprisonnement ferme. Le premier avocat de la défense Me Josette Atade-Topanou, substituant Me Jean-Claude Avianssou dans sa plaidoirie, a fait ressortir que l’infraction de viol n’est pas constituée. Elle se basera particulièrement sur le certificat médical de la victime.
D’après ses propos, le document médical devrait informer sur les différentes les plaintes de la victime devant l’officier de police judiciaire à savoir qu’elle a mal au bas-ventre et dans tout son corps. Mais rien de tout ceci n’a été évoqué par le certificat médical. Si les deux jeunes gens avait payé la somme à eux réclamer, l’affaire ne serait pas venue au tribunal a-t-elle souligné pour conclure. Même son de cloche du côté du second avocat de la défense en la personne de Me Rafiou Paraïso. Il a fait observer qu’il y a trop d’incohérence dans les propos de la victime à l’enquête préliminaire. Mieux dit-il, elle n’a pas daigné comparaître ni à l’instruction au cabinet du juge en charge de l’affaire ni à la barre. Cela sous-entend selon l’avocat qu’elle ne s’est pas plainte de ce qui s’est passé avec elle et qu’elle aurait été contrainte par la population de faire les déclarations au poste de police. Le conseil a déclaré pour finir que, le procès ne devrait pas être celui des deux jeunes gens.

A en croire ces propos, pour avoir déclaré à la police qu’elle est âgée de 20 ans et donc majeure au moment des faits contrairement au deux garçons qui étaient tous mineurs, c’est la jeune fille qui a abusé sexuellement de ceux-ci. La cour se retire pour délibérer, après a fait prendre la parole par aux accusés en dernier. A son retour, elle retient les accusés dans les liens de viol et les condamne à 2 ans d’emprisonnement dont 20 mois fermes et 4 mois assortis de sursis. Il leur reste encore 1 mois et demi à passer derrière les barreaux pour recouvrer leur liberté.

 

Evelyne Sagbohan 

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