lundi, 17 décembre 2018 21:19

Affaire Icc Services : ce qu'il faut retenir de la première journée du procès devant la CRIET

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Une première journée d’audience et déjà plusieurs faits marquants dans le procès de l’affaire ICC Services démarré ce lundi 17 décembre devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Les déclarations et révélations des prévenus, témoins et d’autres acteurs de l’affaire laissent croire que les 10 jours du procès retransmis sur Radio Bénin auront de quoi tenir en haleine les Béninois.

Les accusés plaident non coupables

Ils sont six présents sur les dix convoqués par le procureur. Un à un et tour à tour, ils ont rejeté les multiples chefs d’accusation retenus contre eux : association de malfaiteurs, escroquerie avec appel au public, exercice illégal des activités bancaire et de microfinance, faux en écriture privée, corruption, recel d’escroquerie et vol de documents…

Mais le président de la Cour ne tardera pas à faire admettre à Guy Akplogan, Pdg de Icc Services que sa structure exercait illégalement sans agrément. 

Pour rappel, Guy Akplogan, Émile Tégbénou, Ludovic Dohou et consorts dirigeaient Icc Services, société de placement d’argent qui a fait plus de 150 000 victimes prises au piège des taux d’intérêt hors-norme (plus de 150%). L’affaire remonte à 2010 avec la cessation de paiement de Icc Services et de plusieurs autres structures menant des activités similaires sous le couvert d’activités de microfinance. La vaste escroquerie par Icc Services porte sur plus de 155 milliards de francs Cfa selon la CRIET. 

Le Pdg de Icc Services, Guy Akplogan évoque des rencontres avec des membres du gouvernement d’alors

En 2008 par exemple, il déclare avoir été reçu à la présidence par Nestor Dako directeur de cabinet du chef de l’Etat. Le collaborateur de Boni Yayi leur lui aurait même demandé d’installer une agence de la nouvelle structure dans son village. Autre collaborateur de Boni Yayi que les promoteurs de Icc Service auraient rencontré : le professeur Fulbert Amoussouga. En février 2010. Le défunt, qui était alors conseiller du président de la république avait pour rôle sur instruction de son patron d’aider Guy Akplogan à obtenir un agrément pour son entreprise qui n’était à l'orogine qu’une structure d’aide mutuelle entre coreligionnaires.

Plus tard dans la journée, M. Akplogan va aussi révéler avoir une nuit rencontré le ministre de la Justice Grégoire Akoffodji. La crise était déjà installée, le Pdg mis aux arrêts et deux ministres sortis du gouvernement. Le nouveau ministre de la Justice qui lui aurait suggéré ce qu’il devrait dire au président de la république au cours d’une rencontre qui n’a finalement pas eu lieu.

25 milliards pour payer les salaires des fonctionnaires !

M. Akplogan a surtout fait cette révélation à la suite d’une question de l’avocat constitué de toutes les victimes, Me Gustave Kassa. Le patron de Icc Services affirme que son entreprise a offert 25 milliards au gouvernement pour payer les salaires des fonctionnaires. L’accusé n’a pas eu le temps d’en dire plus avant de faillir s’écrouler, provoquant la suspension de ce premier jour du procès de l’année.

Qu’ont fait les renseignements généraux ?

C’est l’ancien numéro 2 du gouvernement de Boni Yayi à l’époque des faits, Pascal Irénée Koupaki aujourd’hui secrétaire général de la présidence de la République, qui a été le premier officiel entendu par la Cour. En tant que sachant et non témoin. La nuance entre les deux termes a fait l’objet de débat avant la déposition de l’ancien ministre d’Etat chargé de la Prospective. L’homme a affirmé n’avoir découvert Icc Services qu’à l’éclatement du scandale dans la deuxième moitié de l’année 2010.

Durant les quatre années précédentes, si le gouvernement n’a pas pu remarquer les activités illégales de Icc Service alors qu’elles sont d’une grande ampleur, les “renseignements généraux” ont dû faire preuve de défaillance selon M. Koupaki.

Par ailleurs, il accuse la structure de collecte d’épargne et ses clients. Icc Service pour sa “supercherie” en proposant des taux d’intérêt largement supérieurs aux normes bancaires. Les clients pour avoir mordu à l’appât. De ce fait, selon l’ancien ministre d’Etat, il est hors de question d’utiliser l’argent public pour rembourser les déposants spoliés. Il affirme avoir rejeté cette proposition d’un ambassadeur étranger qui était allé le voir alors qu’il était Premier ministre dans le nouveau gouvernement du deuxième mandat de Boni Yayi réélu en 2011.

En somme pour Koupaki, le gouvernement en place au moment des faits et auquel il appartenait a bien agi en se saisissant de l’affaire dès l'éclatement de la crise. Cependant, l’ancien ministre évoque une certaine rétention d’information de la part de personnes qu’il n’a pas nommées. Elles lui aurait caché un rapport du FMI sur les activités de Icc Services. Il n’a jamais pris connaissance du contenu et ne saurait donc le commenter.

Où sont les fonds récupérés ?

Cette question a plusieurs réponses. Il faut savoir que des biens des promoteurs de Icc Services avaient été saisis et vendus aux enchères. Une partie des fonds récupérés est logé sur un compte au Trésor public, selon Louis Biao, qui a aussi déposé déposé devant la Cour. Il est le directeur général de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financier décentralisés depuis 2010.

Pour les autres réponses à la question de la destination de l’argent récupéré des ventes des biens de Icc Services lire >>

Affaire ICC Services : le député Janvier Yahouédéou dénonce le "vol" des fonds récupérés
Affaire ICC : les raisons du non-remboursement des spoliés

La deuxième journée de ce procès ponctué de suspensions s’ouvre ce mardi. D’autres personnes devraient être écoutées. Deux autres anciens ministres notamment : Armand Zinzindohoué, ministre de l’Intérieur et Victor Topanou, ministre de la Justice. Tous deux avaient perdu leurs postes après l’éclatement de l’affaire en juin 2010.

 

 

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