mercredi, 09 janvier 2019 22:24

Procès ICC services : ce qu'il faut retenir de la 14ème journée

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14ème jour du procès ICC Services qui se déroule à Porto-Novo, à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ce 9 janvier 2019. Marcellin Zannou, douanier à la retraite et haut responsable de l’église du Christianisme céleste a été longuement auditionné durant la matinée. Au centre des préoccupations, les rapports entre cette église et ICC Services. L’après-midi était consacré aux responsables d’agences bancaires.

 Avec la déposition de Marcellin Zannou au cours de la matinée, la Cour peut désormais se faire son idée sur ce qu’ont été les rapports entre l’église du christianisme céleste et ICC Services. Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’il a surtout eu l’occasion d’essayer de se démarquer de ICC Services et de la pratique de placement d’argent mais sans véritablement convaincre. Face au fait que l’argent des déposants profitait directement à l’église, il a eu une réponse à double facette, à savoir que tantôt la construction ou la restauration de temples par ICC Services le mettait mal à l’aise, tantôt, il avait des doutes parce que l’église avait son mécanisme de financement.

Les représentants des agences d’établissements bancaires écoutés, après la pause, en l’occurrence, Thierry Mèhouénou de Bank of Africa, Armelle Hodonou de la Société générale et Ernest Ahounou de NSIA Bank, n’ont pas non plus donné satisfaction à la Cour qui a exigé d’eux toute "la documentation relative aux opérations financières réalisées à l’époque par Emile Tègbènou". Le président Cyriaque Edouard Dossa l’a martelé, "la Cour cherche toujours à établir s’ils ont alerté la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) sur les opérations suspectes du responsable départemental Ouémé-Plateau de ICC Services". Si ça n’a pas été fait, c’est que ces banques ont été défaillantes. Une défaillance qui peut être assimilée à de la complicité avec ICC Services au regard de la loi 2006-14 sur le blanchiment de capitaux

Entre temps, la Cour a pu obtenir de Emile Tègbènou l’aveu selon lequel les libéralités, les fonds investis dans la rénovation ou la construction des temples et des châteaux d’eau provenaient de ICC Services donc, directement de l’argent des déposants. Cependant, prétendant gagner beaucoup d’argent dans des activités de forage et de location de voiture, Emile Tègbènou, semble-t-il, a été pris à l’usure. Il s’est contenté de justifier les 20 milliards de francs Cfa qui appartiendraient à la Société Nouvelle Alliance du Bénin (SNAB) dont il est propriétaire, par seulement 2 années d’activités avec les demandes de particuliers, quelques marchés au Togo et la sous-traitance de marchés du PNUD. La Cour a aussi exigé de Séidou Agbantou, conseil de l’ancien ministre des finances, Idriss Daouda, malade et hospitalisé en France, de produire les preuves de sa situation actuelle.

Suspendue à 17h05, l’audience reprendra vendredi.

 

Hervé Jossè et Adonis Bohoun

 

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