mardi, 15 janvier 2019 18:59

Procès ICC Services : Sévérine Lawson juge utile la création du comité de suivi de la crise

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17ème jour du procès ICC Services à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme ( CRIET) ce 15 janvier 2019.  Sévérine Lawson, la présidente du comité de suivi qui a géré la crise des sociétés d’épargne et de placement d’argent a déposé durant toute la journée. Face aux doutes sur l’utilité de ce comité, elle estime que sa création était nécessaire. Elle a soutenu que la mission qui lui incombait a été bien exécutée et que c’est ICC Services qui en a constitué le la bête noire.

 Démarrée ce lundi en fin de matinée, l’audition de Sévérine Lawson s’est poursuivie tout au long la journée. Comme au premier jour de sa déposition, elle a expliqué le fonctionnement de la structure qu’elle a dirigé, donnant l’impression de n’omettre aucun détail sur les péripéties de cette affaire. Se basant sur cela, l'avocat de la partie civile, Spéro Quenum l'a qualifié de "déposition poignante".

Sévérine Lawson a donc répondu aux questions tant de la Cour que des avocats. Il faut retenir que "le gouvernement ne s’est nullement trompé en créant ce comité". Elle en est venue à cette conclusion, au regard de ce qu’elle a vu et fait. Pour sa part,  la présence de l’exécutif dans ce dossier purement judiciaire n’a pas nui à la procédure. "Vu sa nature administrative,  le comité de suivi ne pouvait empiéter sur les attributions de la justice". Il faut faire remarquer qu’elle n’a pas manqué de répliquer à Emile Tègbènou et Guy Akplogan qui, le matin, accusait le gouvernement d’alors à travers le comité de suivi de ne pas fonctionner dans une logique de remboursement aux déposants.

"ICC Services a été le point noir du travail qu’elle a abattu", peut-on comprendre de ces déclarations. Les responsables de ICC Services n’ayant pas eu, à l’opposé des sociétés homologues, les moyens pour rembourser les déposants. A la place d’un plan de remboursement, ils avaient produit un plan d’affaires. De ses déclarations, il ressort aussi que Abou Yayi lui est étranger et elle ne pouvait affirmer s’il a ou non remboursé les 300 millions que Emile Tègbènou lui aurait donné. Pour la présidente du comité de suivi, ce dossier lui aurait fait voir de toutes les couleurs. Il s’agirait d’une malchance si elle a été cooptée pour le conduire. Et pour cause : elle a subi assez de pression, de la part de l’opinion publique, des médias et du président Boni Yayi. La Cour en a donc beaucoup appris tout au long de sa déposition. Quitte à en tirer les éléments nécessaires à une bonne administration de la justice.
Le procès se poursuit ce mercredi.

 

Hervé Jossè et Adonis Bohoun

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