vendredi, 18 janvier 2019 17:42

Des responsables de banques soupçonnés de complicité et le procès ICC Services prorogé jusqu'au 31 janvier

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C'est le 20ème jour d’audition à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ce 18 janvier 2019. A la barre, à Porto-Novo, il y a avait des représentants d’établissements bancaires et par la suite Etienne Tindjro, directeur financier de ICC Services. Il en ressort de sa déposition que ce sont les derniers déposants qui assuraient le paiement des premiers. il faut souligner que le procès est prorogé jusqu'au 31 janvier.

Sur les quatre banques attendues pour les débats, seules trois se sont présentées devant la cour. Il s’agit de Diamond Bank, aujourd'hui NSIA bank, Bank of Africa et Société générale Bénin. L'absence d'UBA Bank s'est fait remarquée. En se basant sur la loi 2006-14 réprimant le blanchiment des capitaux, la cour a voulu vérifier la gestion faite par les banques des soupçons à l’endroit de Emile Tègbènou. Le point à retenir est que les banques n’ont pas été attentives aux opérations financières suspectes. Serge Houndété de Diamond bank a reconnu qu’ils n’ont jamais fait de déclaration de soupçon. Essayant d’expliquer ce manquement, il a évoqué la mauvaise compréhension de la loi et le fait que l’arrêté ayant validé le modèle de déclaration de soupçon n’a été pris qu’en 2008. Dubitatif, le président Cyriaque Edouard Dossa l’a mis à la disposition du Procureur spécial et pris à son encontre une mesure d’isolement.

Seules Bank of Africa et Société générale ont alerté la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). A la différence que la Société générale l’a fait en novembre 2010 alors que Emile Tègbènou était déjà en détention préventive. Ce qui est vraiment problématique et, à la cour d’en tirer les conséquences de droit. Comme avec Diamond Bank, il faudra déterminer qui est complice ou co-auteur de ce qui est arrivé.

Quant à Etienne Tindjro, il a comparu notamment sur la question du mécanisme de fonctionnement de ICC Services. Il a confirmé à la cour que c’est l’argent des derniers qui servait à payer les premiers. Il y avait, selon lui, à redire, quant aux activités connexes largement évoquées au cours de ce procès. Par contre, en ce qui concerne le placement en ligne, il n’avait pas mis du temps à mettre en doute ce système de fructification de capitaux. A l’époque des faits, il était à la fois employé et client de ICC Services. Aussi, il avait d'autres attribution à savoir, tontinier, propriétaire d’une imprimerie, d’une poissonnerie, d’une école, de deux maisons à Abomey-calavi. Il a tendance à expliquer qu’il était millionnaire et riche avant d’être recruté par ICC Services.

Mais, la cour avec l’appui des avocats de la partie civile, a cherché à comprendre à quel point il a profité de l’argent des déposants pour s’enrichir. Il n’est pas exclu que l’accusé qui a compris que le système ICC Services allait un jour s’effondrer, s’était employé à y puiser les ressources pour diversifier ses sources de revenus. Rendez-vous lundi pour la suite des débats.

 

Hervé Jossè et Adonis Bohoun

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