jeudi, 18 août 2016 10:40

Enseignement : la ministre Attanasso promet une carte universitaire consensuelle aux députés

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La nouvelle carte universitaire dessinée par le gouvernement en conseil des ministres le 27 juillet 2016 ne plait pas aux députés. Après avoir manifesté leur mécontentement à plusieurs reprises, les parlementaires ont déversé leur bile sur la ministre de l'enseignement supérieur ce mardi 16 août 2016 à l'hémicycle.

La nouvelle carte universitaire dessinée par le gouvernement en conseil des ministres le 27 juillet 2016 ne plait pas aux députés. Après avoir manifesté leur mécontentement à plusieurs reprises, les parlementaires ont déversé leur bile sur la ministre de l'enseignement supérieur ce mardi 16 août 2016 à l'hémicycle. Marie-Odile Attanasso était allée défendre deux accords de prêts pour la construction d'infrastructures universitaires soumis aux députés pour ratification. Au terme de vifs et houleux débats entre la ministre et des parlementaires remontés contre la nouvelle carte universitaire, Marie-Odile Attanasso a dû faire des concessions pour obtenir le vote des représentants du peuple.

Le premier accord sur lequel les parlementaires devraient se prononcer est relatif à un prêt sous forme d'Ijara de la Banque islamique de développement d'un montant de 6,985 milliards de francs relatif au financement du projet de construction de l'Université Polytechnique d'Abomey et de la deuxième phase du projet de construction de l'Université d'Agriculture de Kétou. Le second accord de prêt sous forme d'Istisna'a d'un montant de 79,20 milliards a été signé avec la même banque et porte sur les mêmes objets.

Les débats qui ont suivi la présentation du rapport de la commission des finances sur ces deux accords de prêts ont été très agités. Les députés, en froid avec le gouvernement au lendemain de la présentation de la nouvelle carte universitaire, ont menacé de ne pas donner leur quitus au gouvernement. Pour l'honorable Jean-Michel Abimbola par exemple, il n'était plus "opportun de ratifier ces accords de prêts" car "paradoxalement, l'une des universités devant bénéficier de cet accord de prêt n'existe plus depuis le 27 juillet 2016". Il s'est lancé ensuite dans une démonstration de la nécessité de maintenir l'université d'agriculture de Kétou. Son collègue Abdoulaye Gounou, le gouvernement doit ramener la balle à terre car selon lui "le développement des villes prend départ à partir du développement des universités et des industries".

Pour rassurer les députés, Marie-Odile Attanasso a dû prendre l'engagement d'organiser un atelier pour expliquer davantage la démarche ayant conduit à la redéfinition de la carte universitaire. Mais cela n'a pas suffit aux députés qui ont prévenu qu'ils ne participeront pas à un atelier "pour la forme". Finalement la ministre de l'enseignement a dû se raviser et promettre davantage. "Je prends l'engagement au nom du gouvernement qu'un atelier sera fait et au cours de cet atelier, les différentes préoccupations qui ont été soulignées seront abordées, éclairées, échangées pour que nous retenions une carte (universitaire) consensuelle", a-t-elle juré.

C'est seulement à ce moment que les députés ont accepté d'autoriser la ratification des deux accords de prêts. Le premier sera voté à l'unanimité des députés présents contre trois abstentions. Quant au second, il sera aussi autorisé à l'unanimité mais contre quatre abstentions.

Si le gouvernement peut déjà se réjouir d'avoir obtenu la cagnotte pour le développement des infrastructures, il ne fait aucun doute, à la lumière des débats à l'Assemblée nationale, que la nouvelle carte universitaire fera encore couler beaucoup d'encre et de salive dans les prochains jours.

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