vendredi, 24 avril 2015 09:46

Législatives 2015 : la campagne électorale a également lieu sur les réseaux sociaux

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)
0
0
0
s2smodern
powered by social2s

Ces dernières semaines et à mesure que le jour du scrutin du 26 avril 2015 approche, il est très fréquent de voir sur les réseaux sociaux (Facebook notamment) les messages des candidats, leurs affiches ou les commentaires racoleurs de leurs militants...

Ces dernières semaines et à mesure que le jour du scrutin du 26 avril 2015 approche, il est très fréquent de voir sur les réseaux sociaux (Facebook notamment) les messages des candidats, leurs affiches ou les commentaires racoleurs de leurs militants. Les pages de certains hommes et femmes politiques en course pour un poste de député connaissent même un regain d'activités. En effet, au XXIème siècle, à l'heure de l'Internet mobile et où émerge une génération de jeunes adultes de plus en plus connectés, les campagnes électorales s'invitent également sur Facebook, Twitter, Youtube ou encore Google+. Mais pour la plupart des hommes politiques au Bénin actuellement, la campagne électorale sur les réseaux sociaux se résume souvent à Facebook.

Si tous les partis et alliances de partis politiques n'ont pas toujours des comptes actifs sur les différents réseaux sociaux, la plupart des candidats se déploient pour marquer leur présence sur ces plate-formes, nouveaux canaux de communication de masse. En leur absence, ce sont leurs militants qui se chargent parfois de ce travail (gratuitement ?). Après avoir fait le tour de plusieurs comptes disponibles sur les réseaux, nous avons observé différentes méthodes et approches.

Partis politiques et alliances de partis politiques

Des rares alliances et partis politiques qui ont des comptes sur Facebook relativement bien connues, seuls quelques uns utilisent ces canaux pour communiquer réellement avec leurs militants. On ne peut citer que deux ou trois noms de partis et alliances de partis parmi les plus actifs sur le réseau social de Mark Zuckerberg. Les alliances RB-RP, AND, le PRD ou encore l'Union fait la nation sortent un peu du lot. Et pour cause, depuis le début de la campagne (parfois même avant), leurs pages sont particulièrement actives. Elles y présentent leurs candidats dans les différentes circonscriptions électorales et leurs projets politiques également.

D'autres partis ont des pages sur le réseau social mais brillent par leur mutisme. C'est le cas de l'UDC Nounagnon, l'UDD Wologuèdè, l'ANG ou encore de l'Alliance soleil. La dernière publication de l'ANG, par exemple, remonte au 3 avril 2015, soit avant même le début de la campagne électorale. Quant à l'alliance soleil, il faut remonter au 1er janvier pour voir une publication du mouvement.

Les autres partis et alliances de partis politiques qui ne sont pas cités sont carrément introuvables sur le réseau social.

La campagne sur les réseaux sociaux est surtout individuelle

La campagne la plus remarquable sur les réseaux sociaux est celle orchestrée individuellement, c'est-à-dire par chaque candidat. Chaque jour, de nombreux candidats s'illustrent sur les réseaux sociaux grâce à des publications sponsorisées. Ici, il sera difficile de citer tous les noms des candidats actifs individuellement sur Facebook. Il faut retenir essentiellement que certains candidats n'hésitent pas à employer de grands moyens pour que leurs messages atteignent un grand nombre d'utilisateurs, autant de potentiels électeurs. Chabi Yayi, Eric Houndété, Janvier Yahouédéhou, Luc Attrokpo ou encore Modeste Kérékou, etc font partie de ceux là. Tous utilisent des publications sponsorisées pour accroître leur audience.

Abdoulaye Bio Tchané, bien qu'il ne soit pas candidat utilise énormément sa page Facebook qui affiche plus de 50.000 fans pour soutenir les candidats de sa liste ABT. Depuis le lancement de la campagne électorale, il ne se passe aucune journée où l'homme ne poste un contenu sur sa page. Chacune de ses sorties fait l'objet de reportages photos et vidéo. Abdoulaye Bio tchané est aussi le seul à avoir élargi sa campagne sur les réseaux sociaux au-delà de Facebook. Son compte Twitter affiche près de 1500 followers et est aussi actif que la page Facebook.

D'autres candidats moins organisés mais aussi présents sur les réseaux sociaux n'hésitent pas à communiquer énormément sur leur programme de campagne à travers ces canaux. De Gaston Zossou (UN) à Raymond Adékambi (UB) en passant par Yves Edgar Monnou (PRD), Claudine Prudencio (UN), la liste est très loin d'être exhaustive. Cette tendance ne révèle qu'une chose : les politiques béninois sont de plus en plus conscients de la capacité de mobilisation de ces réseaux aujourd'hui.

Les groupes de discussions

Les groupes de discussions sur Facebook sont également des champs fertiles de campagne sur le réseau social. Sur ces forums, les utilisateurs sont sûrs de pourvoir toucher un certain nombre de personnes. Ici, ce ne sont pas souvent les candidats ou les responsables des partis politiques qui interviennent directement, mais leurs militants les plus fanatiques. C'est ainsi que certains groupes populaires comme Jeunes Démocrates Prompts ou encore Yéhoutoché sont submergés de dizaines de messages de campagne chaque jour. Chacun vient y défendre son camp. Les commentaires sont libres, évidemment.

Quelle réglementation ?

Contrairement à la campagne classique dans les lieux publics et sur les médias traditionnels où les autorités de régulation (la Haac notamment) ont les moyens de surveiller et de relever les irrégularités pour les sanctionner, il n'existe aucune réglementation applicable aux médias en ligne et aux médias sociaux. Si le code électoral interdit toute campagne électorale 24 heures avant la tenue du scrutin, il reste silencieux en ce qui concerne les réseaux sociaux et Internet en général. Un vide juridique qui pourrait profiter ou pas aux partis politiques.

Lors d'une récente réunion sur la couverture médiatique de la campagne électorale avec la Haac, le Vice-président de l'institution a clairement reconnu que l'institution ne s'occupe pas encore de la régulation de la campagne sur les médias en ligne encore moins sur les médias sociaux. Pour Soulémane Ashanti, la priorité est donnée aux médias traditionnels. Ainsi, alors que la campagne électorale doit s'achever ce vendredi à minuit, les politiques et leurs militants pourraient continuer à exploiter ces canaux jusqu'à samedi voire le jour du vote.

 

Maurice Thantan

 

{jcomments on}

Lu 5935 fois
0
0
0
s2smodern