19 Août

 

Le coup d’Etat semble acté au Mali. Le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, a annoncé sa démission de ses fonctions quelques heures après son arrestation mardi 18 août 2020 par des soldats mutins. Ces derniers promettent d’assurer la continuité de l’Etat en vue d’organiser de nouvelles élections générales.

C’est sur la chaîne de télévision publique (ORTM) que le président Ibrahim Boubacar Keïta est apparu la nuit dernière pour une adresse à la nation depuis le camp militaire de Kati où il avait été conduit par les militaires. Déplorant les manifestations violentes contre son régime depuis plusieurs semaines, le président se résigne cependant à se retirer des affaires :

“Si, aujourd’hui, il a plu à certains éléments de nos forces armées de conclure que cela devait se terminer par leur intervention, ai-je réellement le choix ? M’y soumettre, car je ne souhaite qu’aucun sang ne soit versé pour mon maintien aux affaires. C’est pourquoi je voudrais à ce moment précis, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement au long de ces longues années et la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment. Et avec toutes les conséquences de droit : la dissolution de l’Assemblée nationale et celle du gouvernement.”

Le second mandat d’IBK à la tête du Mali est ainsi écourté deux ans après la dernière élection présidentielle. Le président avait été réélu en août 2018 pour 5 ans après un premier mandat consécutif à une période de transition politique créée déjà par un coup d’Etat. Alors qu’une rébellion armée avait pris le nord du Mali en otage, les soldats avaient renversé le 22 mars 2012, le président d’alors, Amadou Toumani Touré. L’histoire semble se répéter 8 ans plus tard.

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Comité national pour le salut du peuple

IBK renversé, c’est un Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui prend les rênes du pays. A la suite du message du président déchu, la télévision publique diffuse une autre déclaration. On découvre les visages du coup d’Etat. Au milieu de quatre autres officiers de l’armée malienne, le Colonel-Major Ismael Wagué, porte-parole du CNSP a lu un message dans lequel il annonce les intentions des putschistes comme l’organisation d’une transition civile débouchant sur des élections :

“La société civile et les mouvements socio-politiques sont invités à nous rejoindre pour ensemble créer les meilleures conditions d’une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles.”

Mais en attendant, les militaires promettent d’assurer la continuité de l’Etat. Alors que les organisations internationales ont déjà condamné le coup de force contre les institutions légales du pays, le CNSP sollicite le soutien de la communauté internationale. “La paix au Mali est notre priorité ; nous ne tenons pas au pouvoir mais à la stabilité du pays”, a notamment plaidé le porte-parole de la junte qui vient d’ouvrir un nouvel épisode de l’histoire politique mouvementée d’un Mali en proie à une crise menaçant son existence même.

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