29 Déc

 

Comme à la fin de chaque année, le président de la République était face aux députés ce 29 décembre 2020 pour son traditionnel message sur l’état de la nation. Patrice Talon qui faisait son dernier exercice pour le compte de son mandat s’est satisfait d’un “bilan élogieux” en cinq ans de pouvoir.

Patrice Talon était attendu pour un discours bilan de fin de mandat. Il aurait pu être long. Mais il ne fera que 20 minutes de discours. Soit 30 de moins que son allocution de l’année précédente qui tranchait déjà avec son habitude de la concision. Deux deux mises au point ont paru nécessaires au chef de l’Etat pour justifier la brièveté de son message.

D’abord, en début de discours, Patrice Talon a averti : “j’ai fait, cette année, le choix d’aller au contact de nos mandants, pour leur rendre directement compte de notre parcours commun durant ces cinq dernières années”. Allusion à sa tournée nationale qui l’a conduit dans 60 communes du Bénin entre novembre et décembre. Ensuite, en conclusion de son message, le président a laissé croire que les faits sont plus éloquents que le verbe : “Ce bilan est si élogieux qu’un discours fleuve ne me paraît pas nécessaire pour faire l’état des lieux”.

 

“Notre pays tient désormais le bon bout”

Mais il a bien fallu mettre un mot sur chaque point du bilan qui en valait la peine. Et là-dessus, la concision de l’allocution présidentielle a su s’accommoder du sens du détail par moments pour étayer les progrès défendus secteur par secteur. Par exemple, l’eau potable est désormais accessible à deux Béninois sur trois, fait savoir le président.

Dans les autres domaines, le président met en avant aussi ses résultats : “L’insécurité recule de façon significative” ; “notre cadre de vie est de plus en plus assaini et se modernise de manière remarquable” ; l’autonomie énergétique sera réelle dans 18 mois, le réseau routier “a atteint un niveau d’envergure qui nous émerveille nous-mêmes” ; une “tendance remarquablement haussière et résiliente” sur le plan économique ; etc.

La santé et l’éducation font partie des rares exceptions de ce tableau voulu positif. Dans ces deux secteurs, le président de la République admet, en ce qui concerne la santé, que “notre indice de satisfaction demeure faible”. Patrice Talon s’attardera un peu plus sur la situation “préoccupante” de l’éducation. “La couverture de nos besoins en infrastructures et surtout en enseignants demeure insuffisante à tous les niveaux”, reconnaît le président qui pointe surtout la faiblesse d’ordre structurelle du secteur :

“Notre système éducatif forme la plupart de nos enfants au chômage et n’offre pas à notre économie la main-d’œuvre qualifiée dont elle a besoin pour se développer et créer de la richesse.”

Ces propos sont une réaffirmation dans une forme élégante de la teneur de sa boutade lancée à l’une des étapes de sa tournée dans les communes : l’université béninoise forme au “bavardage”. La thérapie du président consistera à développer les formations techniques et professionnelles. “Cette réforme est déjà engagée”, se félicite Patrice Talon.

En fin de compte, la note générale du président sur son bilan, est : “le Bénin va plutôt bien, même si nous devons poursuivre nos efforts en vue de satisfaire l’essentiel de nos besoins de base.” Patrice Talon s’en explique :

“Quand on a été très mal et qu’on commence à aller mieux, avec la certitude d’aller bientôt très bien, n’est-ce pas de bon ton d’affirmer qu’on va déjà bien ? Non pas pour se satisfaire du peu, mais plutôt, pour entretenir, voire renforcer ce qui a permis d’aller mieux. Nous pouvons oser le dire, dans tous les domaines, notre pays tient désormais le bon bout.”

Un nouvel état d’esprit

La morale était aussi au menu. Le président estime qu’un “nouvel état d’esprit” caractérise désormais ses compatriotes. Leur relation à la chose publique a qualitativement changé selon lui. Et cette prouesse est à mettre sur le compte de la lutte contre la corruption. “Nous avons réussi à instaurer une gouvernance qualitative des affaires publiques axée sur l’éthique et la responsabilité. Hier, le Bénin en proie à la corruption et à l’impunité endémique, s’illustre aujourd’hui dans une lutte implacable contre ces fléaux et le bien public est davantage respecté”, affirme le président.

Patrice Talon, pour illustrer ce changement, a même révélé que de honteuses transactions financières” conditionnaient des votes notamment du budget général de l’Etat au parlement avant son accession au pouvoir en 2016. Mais “ces pratiques qui n’honorent pas la démocratie sont désormais révolues”, se réjouit le chef de l’Etat qui ne manque pas de flatter les députés après la pique : “vous travaillez plus que par le passé. Félicitations !” (applaudissements)

Fête de la démocratie en 2021

Sujet inévitable en fin de mandat, la prochaine élection présidentielle a été évoquée. Peut-être pas dans son aspect le plus attendu, à savoir la candidature ou pas du président sortant. Patrice Talon n’a pas évoqué la question. Il va falloir patienter encore. Pour le moment, le présent s’est contenté d’espérer une élection pluraliste :

“Je ne doute pas que nos compatriotes auront le choix entre plusieurs projets de société. Ce sera alors la fête de la démocratie, plus que jamais au service du développement durable de notre cher pays.”

Une telle parole du chef de l’Etat a sa valeur vu le contexte politique récent créé par des élections législatives monocolores en faveur du camp présidentiel en avril 2019. Avril 2021 jugera !

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